
Umberto eco m’inspire beaucoup dans l’écriture de mon roman lié à l’histoire de la beauté, on peut facilement dire que Umberto Eco est une sorte de modèle, un érudit qui nous fait voyager dans l’histoire de façon admirable !
Il suffit de réaliser l’importance des cosmétiques et de la mode pour se rendre compte que l’image, l’apparence peuvent être discutées !
La fascination de l’écriture pour décrire ou expliquer la beauté ou les critères de beauté est surprenante !
Si certains ou certaines peuvent domminer le monde avec la beauté et pensent exister grâce à elle, d’autres s’en servent pour séduire occasionnellement, intelligemment, enjôler, fasciner et au final ce n’est qu’une technique subtile dans le but de déstabiliser l’autre comme certaines têtes fûtées le font pour abaisser les têtes creuses et cela depuis la nuit des temps, quoi que…Au temps de la préhistoire la beauté n’avait peu d’importance, ces femmes avaient les cheveux crépus et avaient leur nudité comme unique beauté et elle servait à se reproduire. C’est vraisemblablement pour faciliter le soin de leurs cheveux qu’elles avaient recours au tressage. Monsieur cromagnon n’a rien du canon masculin actuel !
Et c’est connu depuis que l’homme est l’homme. pourquoi une peau laiteuse peut signifier beauté à une époque et laideur à une autre.
Pourquoi encore aujourd’hui des modes se mêlent et demêlent selon les saisons, les pays, les humeurs…
Pourquoi comme au moyen âge agnès Sorel (vers 1420-1450), surnommée « la Dame de Beauté », appliquait tous les matins sur son visage un masque contenant de la cervelle de sanglier, des vers de terre et de la bave d’escargot. ahhh c’est imonde vous vous direz !!! mon livre regorge d’exemples de cosmétiques à travers les siècles parfois aussi subtils que ridicules et parfois mêmes mortels et malsains…Pourquoi autant d’ignorance des femmes traversant siècles après siècles, entre les corsets de grands mères ou d’arrières grand-mères ou bien plus loin encore comme au moyen age où on les amenaient à s’appliquer un mélange de chaux vive et de sulfure naturel d’arsenic sur le front pour l’épiler. Pour empêcher la repousse du poil, rien ne valait le sang de chauve-souris ou de grenouille… Au salon, j’avais des techniques plus légères !!
Écrire une histoire de la beauté relève du défi et la romancer peut la rendre bien passionnante et cela m’amuse délicieusement depuis ma cessation d’activité. L’histoire que les hommes se font de la beauté peut être à la fois complexe, magnétique, subtile et envoutante et pathétique ! je cherche dans mon roman à décrire sous un angle particulier les évolutions, les abérations, les interrogations, des témoignages du passé entre recettes et pratiques étranges que la beauté a su transporter à travers tous les siècles beaucoup plus que l’on croit ! mais derrière ces recherches antérieures je donne la parole à l’imaginaire, tout ça mélangé à des personnages représentés par des fidèles de « dame nature » .
Et si les fleurs, les plantes pouvaient ressentir des émotions comme la tristesse, la joie ou le désir et nous le faire savoir ?
Avant l’histoire, un peu d’histoire.
La quête des Grecs qui idalisaient le corps, leurs sculptures exprimant la beauté du corps et la beauté de l’âme.
Qui est bon aussi, l’est maintenant et le sera plus tard », écrivait la poète Sappho au vii-vie siècle av. J.-C.
Au v-ive siècle, pour Platon, la beauté avait une existence autonome et l’œuvre d’art l’exprimait « accidentellement », aussi, le dessin et tout art d’imitation réalisaient-ils une œuvre qui restait loin de la vérité. Les sculpteurs eux aussi participaient à la réflexion. Pour faire chanter la beauté d’un corps, se demandaient-ils, faut-il le sculpter en tenant compte des proportions mathématiques ou s’adapter aux exigences de la vision, à la perspective selon laquelle la sculpture sera vue ?
Au Moyen Âge, la beauté n’est plus perçue de la même façon, elle sert de lumière lié à Dieu, pas de maquillage, tout a été créé par Dieu… même les vilains monstres comme peint (Jérôme Bosch et ses monstres beaux !)
La foi de ces hommes leur a fait découvrir que même dans le mal pouvait germer du beau et du bon. Que la beauté était encore plus belle quand elle était confrontée au laid… umberto eco a écrit aussi l’histoire de la laideur entres ouvrages liés à ce sujet ! Que l’ombre illumine la lumière… La notion de beauté évolue durant ces dix siècles. Et puisque la beauté peut luire au cœur des ténèbres, quand les artistes du Moyen Âge tournent le regard vers l’humanité de Jésus souffrant, martyrisé, déformé physiquement, ils se posent la question : comment exprimer la beauté de Jésus en croix ?
À la même époque, la construction des cathédrales met en relief un autre aspect de la beauté : la mutuelle collaboration de la pierre et de la lumière. Quoi de plus mystérieux que de se laisser saisir par le jeu des pierres et des vitraux qui chantent ensemble la gloire de Dieu ?
Durant cette période encore, on ne peut passer sous silence un autre aspect de la beauté. Pour exprimer la beauté de la création, les artistes vont chercher à capter le courant lumineux qui parcourt tout l’univers. Les couleurs qu’ils utilisent dans les manuscrits sont vives, elles donnent l’impression que la lumière irradie les personnes et la nature. Et leur quête de la beauté n’est jamais figée. Au début du Moyen Âge, le bleu est peu prisé, mais cinq siècles plus tard il deviendra le symbole de la profondeur… Le jaune sera d’abord associé aux exclus, aux juifs et aux musulmans, puis il deviendra signe de sainteté avec le jaune d’or… Cette lumière qui traverse et entoure les corps est pour eux signe d’éternité. Trois choses sont nécessaires à la beauté, dira le grand théologien Thomas d’Aquin : la proportion, l’intégrité et la clarté.
Autre évolution durant cette période si riche. La beauté féminine, qui excite les plaisirs de la chair, pose la question à la morale. Le moine n’en médite pas moins le livre du Cantiques des cantiques : « Que tu es belle… tes cheveux… tes dents… tes lèvres… tes joues… tes seins… Tu es toute belle, ma bien-aimée ! » Grâce aux poètes, la chair humaine est chantée comme reflet de la beauté de Dieu.
Au xve siècle, avec les découvertes techniques, la réflexion théologique et philosophique participent à l’évolution de la réflexion sur la beauté. Il suffit de mentionner en Italie la découverte de la perspective, dans les Flandres, l’utilisation de la peinture à l’huile, et à Florence, le climat mystique répandu par le dominicain Savonarole, sans oublier l’influence philosophique du néoplatonisme. Au tournant de la Renaissance, la beauté sensible prend une place plus importante. En immergeant les saints dans la lumière divine, les artistes invitent le peuple à la contemplation par la beauté.
À la Renaissance, les arts atteignent une certaine perfection dans l’harmonie des formes. Tout est bien proportionné. Mais apparaît alors une autre forme de beauté, une beauté inquiète, informe, surprenante. Là aussi, les découvertes scientifiques, les événements et la réflexion influencent la recherche des artistes. Les crises politiques et économiques, les maladies conduisent à repenser la place de l’homme dans la création. Les découvertes font que non seulement l’homme n’est pas le centre de la création mais qu’il n’en est plus le maître. Aussi, désormais, les artistes cherchent des traces de beauté au cœur de l’angoisse, dans la recherche d’un autre avenir, dans la tension vers l’absolu… La beauté devient davantage celle-là même que cherche à exprimer l’artiste. Elle se fait subjective. Au moment du déclin de la Renaissance, la beauté n’est plus le résultat d’une œuvre aux proportions équilibrées ; elle naît d’une tension vers « quelque chose » qui se situe au-delà des règles mathématiques.
Le baroque ira encore plus loin. Cet art cherche à créer une beauté éblouissante au-delà du bien et du mal.
Au XVIII siècle, Rousseau, Kant et Sade, si loin qu’ils paraissent les uns des autres, vont chacun mettre en scène des hommes et des femmes extérieurement policés et intérieurement cruels. Ils captent le bouillonnement extraordinaire qui agite leur époque, un siècle tout ensemble sombre et lumineux dont ils vont chercher à être proches. Les salons féminins expriment la place que prennent les femmes dans la société… et c’est une femme qui tue Marat. Le théâtre quitte la tradition des règles de l’unité, de temps et de lieu pour mieux décrire ce que vivent les hommes. L’art se fait moins dépendant des mécènes et du pouvoir. L’imagination prendra une place importante dans la création artistique. La beauté perd son aspect idéal et s’exprime sur des sujets nouveaux : les servantes et les serviteurs, le goûter familial, la vie toute simple. Le Don Juan de Mozart illustre bien cette période de transition entre l’âge classique et les temps modernes : le libertin cherche la beauté idéale en essayant de conquérir les femmes tandis que son serviteur, Leporello, l’observe avec une attention narquoise. Don Juan le séducteur sort vaincu par sa quête de la beauté alors que le regard de Leporello ne faiblit pas. Finalement, c’est le serviteur qui sort vainqueur de cette aventure. Les sentiments se rebellent contre la pression des canons de la beauté. La gratuité dans les arts prend toute la place. Est considéré comme beau ce qui plaît de manière désintéressée. « Est beau ce qu’on ne cherche pas à posséder », écrit le philosophe Kant. Une nouvelle conception de la beauté apparaît. Avant, les conditions de la beauté résidaient dans la forme de l’objet, maintenant c’est le sujet qui définit le beau. Le génie, le goût, l’imagination, les sentiments ont, en quelque sorte, pris la place du sujet. La beauté est liée aux sentiments, aux sens, à la reconnaissance du plaisir. La beauté cesse d’être une forme, elle devient chaos. Pour la pensée grecque, c’est la vérité qui produisait la beauté, tandis que pour les romantiques, c’est la beauté qui produit la vérité.
Durant la deuxième moitié du xixe siècle, la dureté de la vie industrielle, l’éveil de la conscience ouvrière et l’affirmation de la lutte des classes font que l’esthétique ne fait plus partie des soucis de la population. Les artistes se sentent marginalisés, menacés. Ils cherchent alors à aller « ailleurs », là où ce monde ne veut pas aller. Le monde artistique investit dans des sujets que la société n’ose regarder en face, telles la mort et la maladie. La beauté peut rendre fascinants ces aspects de la vie. Certaines gravures de Gustave Doré témoignent de cette audace. La beauté devient une valeur en elle-même. Autre recherche qui marque cette époque : la subjectivité. Les artistes peignent l’impression qu’ils ont des hommes, de la nature, des choses. Ils ne peignent pas la pomme mais l’âme de la pomme.
Le xxe siècle est marqué par des artistes de génie tandis que toutes les disciplines artistiques subissent une véritable révolution : architecture, chorégraphie, musique, théâtre, poésie, peinture, sculpture… Est art tout ce qui exprime l’homme : son cri, ses révoltes, ses joies, sa soif de justice, ses jouissances. Et pour l’exprimer, les artistes ne détruisent pas mais « déconstruisent », c’est-à-dire qu’ils mettent à nu toutes les prétentions des hommes au savoir absolu, leur soif de tout dominer, de maîtriser l’avenir. La démarche de l’artiste est partie intégrante de son œuvre ; parfois même elle l’absorbe.
Que devient alors la beauté ? Ce siècle valorise la matière. Mais les artistes ne reprennent pas l’intuition de Michel-Ange disant que la forme de sa sculpture était déjà inscrite dans le marbre qu’il allait sculpter. Ils travaillent sur la matière informe pour lui donner forme grâce à l’idée qu’ils se font eux-mêmes de la beauté. La beauté devient provocation car l’artiste dénonce par ses œuvres la situation du monde. La beauté devient aussi consommation car une partie de la création artistique se rend prisonnière des médias.
Encore quelques années pour moi à me ressourcer de délicieuses recherches et d’inspirations sur le sujet …
sources personnelles, umberto eco et auteurs multiples